Népal – Suite et fin

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« Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues… »

Joseph Kessel

Ces 2 mois et demi au Népal sont passés à une vitesse folle. L’un de mes pays préférés, aucun doute là-dessus !

népal

J’avais découvert ma passion pour les montagnes en Amérique du Sud, en vagabondant dans la plus longue chaîne montagneuse au monde, la Cordillère des Andes. Après ce premier voyage, c’est tout naturellement que le Népal était le pays me faisant le plus rêver, avec la chaîne la plus haute au monde, l’Himalaya.

J’ai donc passé la majorité de mon temps dans les montagnes. 3 gros treks, soit plus d’un mois de randonnées cumulé. C’est beaucoup ! Mais je ne pouvais pas m’arrêter. Chaque trek était une aventure merveilleuse. Jamais je n’avais vu de si belles et imposantes montagnes.

Le trek de l’Everest restera le number one, avec Gokyo comme plus belle vue panoramique. Le circuit des Annapurnas était très joli aussi, mais je placerai le trek dans le Langtang en seconde position. Comparé aux 2 premiers cités, ce trek était calme, avec très peu de monde. Les paysages étaient très variés, et l’aspect social a été important, avec l’impression d’aider les habitants qui ont souffert du séisme.

Voir toutes ces montagnes, notamment l’Everest, le Cho Oyu et l’Annapurna I, était un rêve. C’est maintenant fait ! On a souffert à faire tout ça, et on a eu très froid par moment, mais c’était tellement magique.

D’autres types de paysages existent au Népal. Le Sud, à la frontière de l’Inde, a un climat tropical avec une jungle abritant éléphants, rhinocéros, tigres du Bengale… Mais je n’y suis pas allé. Mes yeux étaient rivés vers la Demeure des Neiges (ce que signifie le nom Himalaya en sanskrit). Et les prochains pays de mon voyage auront aussi des climats tropicaux, donc autant profiter de la neige ici !

C’est aussi un pays varié culturellement, avec beaucoup d’ethnies ; chacune parlant sa propre langue, parfois très différente du népalais. Mais tous les Népalais que j’ai rencontré, peu importe leurs origines, ont été d’une gentillesse incroyable. Toujours calmes, aidant avec plaisir, et surtout très souriant. Mon volontariat dans la ferme à Nagarkot a été l’occasion de parler longuement avec des locaux, de partager et découvrir leurs vies quotidiennes. Il n’y avait pas meilleure expérience à vivre avant de quitter le pays.

L’hindouisme est la religion dominante du pays, bien que la religion bouddhiste soit née au Népal, dans la ville de Lumbini. La religion est un aspect important de la société népalaise, en témoigne le nombre incalculable de temples, stûpas, autels…notamment dans la vallée de Kathmandu.

En parlant de Kathmandu, j’aime bien cette ville ! Elle me fait un peu penser à La Paz, en Bolivie. C’est construit n’importe comment, ça se développe de manière chaotique, et c’est un bordel monstrueux niveau circulation ! Mais j’adore ces ambiances, où il semble que les règles n’aient pas leur place.

Mais vous avez compris, ce que j’ai aimé le plus, c’est l’Himalaya !

On pourrait presque oublier de regarder ailleurs que vers ces montagnes mythiques. Le Népal a aussi une réalité sociale et économique. C’est l’un des pays les plus pauvres au monde, avec plus de 20 % des 28 millions d’habitants qui survivent avec moins de 1,60 euro par jour. Le chômage touche 46 % de la population active. Et il est fréquent de voir des enfants travailler, au lieu d’être à l’école.

De ce fait, beaucoup de népalais émigrent, notamment vers les pays du Golfe. Ils y travaillent dans des conditions inhumaines, et y meurent même. Par exemple, à construire les stades pour la coupe du monde de football au Qatar.

On voit beaucoup de misère en voyageant ici, que ce soit dans les grandes villes ou les campagnes. Il m’est parfois difficile d’accepter de voir des familles avec enfants vivant dans de telles conditions. Prendre du recul est très compliqué pour moi. A vrai dire, ça me rassure de ne pas y être insensible. La situation du pays évolue peu, voire pas du tout, du fait d’une forte corruption, d’une croissance démographique exponentielle, et du faible pouvoir politique et économique du pays.

Le Népal été déchiré entre 1996 et 2006 par une insurrection maoïste, qui a coûté la vie à 17 000 personnes. Cette révolte a eu le mérite de mettre fin au système monarchique. Aujourd’hui, le parti maoïste-communiste est le plus important du pays.

Mais la transition démocratique n’a pas été un long fleuve tranquille. Au cours des 11 dernières années, le Népal a connu 10 changements de Premier ministre !

En 2015, une nouvelle constitution a été votée, faisant du Népal une république laïque. Les premières élections législatives démocratiques se sont déroulées fin novembre.

L’armée a été fortement mobilisée, car des groupes maoïstes dissidents ont fait explosé quelques bombes. Mais, après avoir parlé avec plusieurs népalais, la mobilisation n’a pas été très forte. Les partis politiques font leurs petits arrangements entre eux, en faisant des alliances. Ils promettent des choses impossibles, à croire qu’ils font de l’humour.

Deux gros partis se font face. L’un est pro-indien, et l’autre pro-chinois. Car en fait, c’est ça le gros problème népalais peut-être. Il est entouré par ces deux gigantesques puissances mondiales. Le gouvernement ne peut que subir les pressions de l’un ou l’autre. Par exemple, des compagnies indiennes ont acheté toutes les concessions du Népal pour les barrages hydrauliques. Vu toutes les montagnes et rivières, c’est stratégique pour l’autonomie électrique du pays. Mais les compagnies indiennes n’y ont rien construit, et ne le feront jamais. Ces fleuves descendent vers les grandes plaines indiennes, qui ont besoin de cette eau. Donc, pas de barrage au Népal = débit suffisant pour l’Inde. Voilà l’une des explications des coupures de courants régulières dans le pays.

Mais il n’y a pas que les systèmes électriques qui sont défaillants. Le réseau routier est catastrophique. Jamais je n’avais eu autant peur dans un bus ! Mais c’est aussi en partie dû au séisme de 2015 et aux moussons puissantes et violentes qui détruisent les routes.

Bref, un voyage au Népal est quelque chose d’unique et une vraie aventure. J’y reviendrai un jour, ça c’est certain.

Pour résumer : aujourd’hui, le Népal, c’est des montagnes de problèmes, mais aussi des montagnes de sourires et de paysages merveilleux.

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