Ascension du volcan Cotopaxi (5 897 mètres) – 15/03 et 16/03/2015

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Bon maintenant, ça ne rigole plus ! Après s’être entraîné et acclimaté à l’altitude avec Ronan durant le trek de Quilotoa, on passe à quelque chose de bien plus difficile paraît-il : l’ascension du plus haut volcan actif au monde ! Il culmine à 5 897 mètres. Pour avoir un ordre d’idée, le Mont-Blanc est à 4 800 mètres (pour les amateurs ça !).

De notre hôtel de Latacunga, on peut voir le « monstre » par temps clair.

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On a rencontré 3 françaises souhaitant le tenter aussi : Marie, Marion et Audrey. A 5, on paye 190 euros chacun (transport, nourriture, « nuit » au refuge, guides, équipements). Ça fait mal au cu* mais bon, c’est un défi que je veux absolument relever !

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A 10 heures le dimanche, on essaye tous les équipements : chaussures d’alpinisme (qui ressemblent aux chaussures de ski), vestes, pantalons et sous-pantalons, gants et sous-gants, crampons, piolets, casques, lampes frontales, harnais… Ça en fait des choses ! On part à 11h30 une fois la séance d’essayage terminée ! Un des guides, qui conduit le 4×4 dans lequel je suis, est bien marrant. Il a un rire de fou et parle de choses pas très catholiques très facilement ! On arrive au parking (4 650 mètres) en début d’après-midi.

Les choses sérieuses commencent. Maintenant, il va falloir monter au refuge à 4 850 mètres avec le sac sur le dos dans lequel il y a toutes nos affaires pour l’ascension. Ce n’est pas très long (45 minutes) mais ça pique un peu !

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Après quelques efforts, nous voilà au refuge. Il ne fait pas très beau, et donc les guides ne peuvent pas nous montrer comment utiliser les crampons et piolets durant l’ascension. Ils nous expliquent rapidement les bases dans la chambre du refuge.

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D’ailleurs, la personne qui a construit les plans du refuge n’a pas un QI bien élevé je pense. Normalement, quand il fait très froid, on construit des chambres petites pour que la chaleur humaine chauffe un peu la pièce. Mais ici non, les pièces sont immenses et mal isolées, et les plafonds sont à 6 mètres de haut. Il fait aussi froid que dehors !

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On passe l’après-midi à parler, à boire des thés de coca et à contempler le parc Cotopaxi. A 17h30, dîner ! Des bonnes pâtes pour prendre des forces, rien de mieux ! Et dodo à…18h30 !

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On s’emmitoufle dans nos duvets, mais il caille vraiment dans ces dortoirs. Dans ces moments là, je ne regrette pas d’avoir acheté un bon sac de couchage, même s’il ne me sert quasiment jamais pour l’instant. Finalement, je somnole juste un peu avant le réveil à 23h. On prend un petit-déjeuner (on n’arrête pas de bouffer aujourd’hui !) et je bois un dernier thé de coca avant de partir.

Le guide me dit de mettre de la crème solaire. Je ne comprends pas tellement car quand il fait nuit noire, il n’y a pas beaucoup de risque de chopper un coup de soleil, même à 5 000 mètres d’altitude… Mais en fait c’est pour se protéger du vent glacial qui brûle la peau. Vu comme ça, je n’hésite pas à en mettre beaucoup sur mon visage !

A minuit, le grand départ avec la lampe frontale. On est environ 20 en tout à partir à l’assaut du volcan. On marche 40 minutes environ avant d’arriver au glacier. Là, il faut mettre les crampons pour continuer. La règle, c’est un guide pour 2 personnes. Je suis avec Ronan et un guide assez cool. On s’encorde et c’est parti ! De nuit, même si on a la frontale, on ne voit pas tellement les pentes qu’on monte, mentalement c’est plus facile. Normalement, la montée se fait en 6 heures.

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On passe quelques crevasses qu’il faut enjamber mais avec les grosses chaussures, la fatigue, et le manque d’air en altitude, les petites crevasses deviennent vite des obstacles difficiles ! On est les premiers à ouvrir la voie. Quand on se retourne, on voit plein de petites lampes en dessous !

On a un bon rythme et on fait quelques pauses. C’est hyper important de beaucoup boire et de manger sucré pour éviter d’avoir le mal des montagnes, qui oblige à redescendre car ça peut être dangereux (œdème pulmonaire ou cérébral par exemple).

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Rendu à 5 700 mètres, ça commence à être très dur. La fin est la plus difficile avec des pentes très raides à monter. L’oxygène se fait rare. La fatigue et le froid n’arrangent rien.

Notre guide nous prévient qu’on est monté trop rapidement et qu’on arrivera avant le lever du soleil. Alors on pourrait penser « ouais on est trop fort », mais en fait non, on pense plutôt « meeeerde ! ». Car le but est de voir ce put*** de soleil se lever et de découvrir la vue de dingue !

Et il est impossible de rester sur place à attendre car on va finir congelé (il fait – 15 degrés là-haut). Tant pis, on continue. Rendu à 5 800, Ronan commence à être vraiment mal. Il a mal à la tête, n’arrive plus à bien respirer, et est au bord de l’épuisement. Le mal des montagnes commence ! On fait des pauses toutes les 5 minutes. Moi aussi je suis épuisé et chaque pas équivaut à un footing d’une heure j’ai l’impression ! Mais pour ma part, aucun mal des montagnes et pas de problème de respiration.

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On arrive finalement au sommet du volcan à 4h20 ! On est les étrangers les plus rapides que le guide a eu ! On est vraiment des gros bourrins !

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Le ciel est dégagé et on voit plein d’étoiles. On voit une ville illuminée qui est…Quito (située à 150 km de là pourtant). On a l’impression qu’elle est juste auprès tellement on est haut. C’est un vrai bonheur et un soulagement d’être arrivé au sommet. On ne voit pas le cratère car il fait nuit, mais on sent le soufre qui s’y dégage !

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Mais il fait trop froid pour rester plus de 20 minutes. On doit redescendre, toujours encordé à 3. Je pensais que ça allait être facile de descendre, mais la pente est tellement raide que ça pète les jambes !

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Par contre c’est super agréable de croiser les gens qui galèrent encore à monter en haut et de leur dire que toi tu l’as fait ! On les encourage, car peut-être qu’eux verront le lever de soleil, contrairement a nous…

On prend le temps de descendre. Il commence à faire jour et c’est magnifique. On est au-dessus des nuages et admire la vue. D’ailleurs, maintenant on voit les pentes qu’on a montées et c’est juste hallucinant. Heureusement qu’on monte de nuit pour ne pas les voir, ou mentalement ce serait impossible de faire l’ascension.

Mais plus il fait jour, plus la neige fond, et plus c’est dangereux. On tombe plus facilement et le risque d’avalanche augmente. Du coup, on ne peut pas trop s’attarder à faire des photos. Dommage car c’est vraiment beau ce que l’on voit.

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On met 2 heures à revenir au refuge après une bonne frayeur pour ma part : c’est moi qui descendait en premier (le guide étant en dernier pour retenir la corde si on tombe), et lorsqu’on est arrivé à la crevasse la plus difficile à passer, j’ai glissé. Ronan m’a retenu, et heureusement je ne suis pas tombé dans la crevasse, mais mon palpitant a accéléré comme jamais !

Après tous ces efforts, on n’est plus très lucide et c’est vraiment dur de descendre en faisant attention.

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Nos trois amies françaises n’ont pas pu monter au sommet. Deux ont eu le mal des montagnes et la troisième a dû suivre car si ton partenaire de cordée a le mal des montagnes, tu ne peux pas continuer seul sans guide évidemment. Mais bon, elles l’auront tenté donc bravo les filles pour le courage ! Et le taux de réussite n’est que de 60 %…

Au refuge, on se prend un bon thé de nouveau pour se réchauffer. On est complètement mort avec Ronan, contrairement à notre guide. Ces gens-là sont des mutants ! La veille, il a fait 13 heures d’ascension au volcan Chimborazo (6 300 mètres, le point le plus éloigné du centre de la terre ; la terre n’étant pas tout à fait ronde), rien que ça ! Un autre guide, c’était la cinquième fois en une semaine qu’il grimpait le Cotopaxi. Juste hallucinant !

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On redescend au parking et retourne à Latacunga. Je passe ma journée à dormir !

Mais bon, ON L’A FAIT BORDEL !

On a gravi le plus haut volcan actif du monde et on a atteint 5 897 mètres ! Je suis hyper heureux et fier d’avoir réussi. C’était un défi personnel et un rêve ! En plus, je n’ai pas eu le mal des montagnes ; ce qui veut dire que je peux faire une autre ascension à très haute altitude !

Maintenant, je veux relever un autre challenge : dépasser la barre des 6 000 ! Je le ferai en Bolivie, où une montagne culmine à 6 100, et dont l’ascension n’est pas trop technique pour un débutant comme moi.


J’écris ces nouvelles lignes au mois de septembre 2015, car le volcan Cotopaxi est rentré en éruption et est considéré désormais comme le volcan le plus dangereux au monde.

Voir les articles du Monde et de RTL.

On a eu de la chance de pouvoir faire l’ascension avant. En espérant qu’il ne fasse pas de victimes ni de dégâts…

Reportage intéressant également :

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7 réflexions sur “Ascension du volcan Cotopaxi (5 897 mètres) – 15/03 et 16/03/2015

  1. Très bon récit guillaume, je me suis marré à le lire 🙂 Je me rends compte à quel point j’étais mort par la couleur de ma peau, je suis bien blanc comparé à toi 😀

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  2. Et oui j’oubliais. Les pauses toutes les 5 minutes t’as été gentil. C’était tous les 10 mètres tellement j’étais mort 🙂 Et oui c’est bien le soufre qu’on sentait. Bon trip et bon courage pour la barre des 6000

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  3. Putin trop stylé man ! Un de mes rêves de faire ca!

    PS : je lis ça en direct du taff c’est un peu dur, bien que la vie toulousaine est agréable, on est loin de la montagne de kiff que tu vis actuellement !

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